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Archives Mensuelles: avril 2010

La marche a regroupé environ 3000 personnes.

Petite réflexion donc, sur la laïcité en général et sur cet évènement en particulier.

Au Liban le discours en faveur de la laïcité s’appuie sur deux piliers principaux:

1-    La mémoire importée, de l’oppression appareillée par les institutions religieuses dans l’Europe du moyen-âge et jusqu’à la révolution française, et son corollaire, qu’aucune forme de progrès ne saurait être associée à la religion dans la sphère publique.

2-    La confusion totale dans la compréhension et la différentiation de notions aussi distinctes que religion, confession, corruption, tribalisme, népotisme, clientélisme, inégalité des sexes, censure etc.

Premièrement:

L’imaginaire selon lequel le clergé aurait à une époque en Europe constitué un frein à la modernité, à la science, à la libération des structures féodales etc… n’est pas également distribuée au sein de la population libanaise. Ce n’est pas une coïncidence donc, si la grande majorité du public présent à cette manifestions appartenait à la minorité occidentalisée parlant généralement mieux le français et l’anglais que l’arabe, et éduquée dans les universités privées que l’on connaît : ALBA, AUB, USJ, LAU etc.

Il est intéressant de noter que dans les imaginaires des populations du monde arabo-musulman c’est plutôt la laïcité qui a été synonyme d’oppression, sachant que c’est en son nom que les dictatures du type militaro révolutionnaire, de nos régions ont réprimés les mouvements ou partis islamiques opposants. La Syrie de Assad, l’Irak de Saddam Hussein, l’Iran du Shah, la Tunisie de Bourguiba, l’Algerie du FLN, la Turquie d’Ataturk etc…

Dans le cas du Liban c’est le ralliement à Moussa Sadr, donc le clergé chiite, qui a été vécu comme une émancipation des notabilités féodales… et laïques du Sud.

S’il peut être risible aux libanais de savoir que du temps du mandat français (et même après) on enseignait dans les écoles « nos ancêtres les gaulois », Il me semble tout aussi risible de leur enseigner « nos anciens bourreaux les religieux». Read More

3 000 manifestants pour une « Laïque Pride » à Beyrouth, cela fait suffisamment bon chic bon genre pour que notre Pravda préférée en face sa Une et nous abreuve de pensifs mal pensés. Entre autre article, une chronique de Nagib Aoun, intitulée « Civilement Vôtre » (L’Orient-le-Jour, 26 avril 2010) qui ne contribuera certainement pas à faire progresser dans l’inconscient collectif libanais la nécessité d’une « dé-communautarisation » de l’ordre public et civil.

Pourquoi ? Premièrement parce que l’Orient-le-Jour n’oublie jamais la propagande, et profite encore une fois de l’occasion pour asséner un poncif raciste de manière si peu discrète :

« C’est précisément pour protester contre cette absurdité, contre la politique du déni, que jeunes et moins jeunes ont pris le chemin le plus court pour manifester leur colère : la rue. Une rue non plus envahie par des hordes de voyous ou d’excités de la gâchette confessionnelle, mais par les frustrés du droit, de la liberté de choix ». La violence de ce propos est aberrante et fait partie de cette perpétuelle stigmatisation dont est victime aujourd’hui « l’autre chi’ite » comme l’était, il y a vingt ans (et toujours aujourd’hui mais moins visiblement) « l’autre palestinien ». Plus encore, cette petite incise démontre à quel point l’auteur de cette chronique, qui semble afficher un soutien de principe à la manifestation, est en fait prisonnier d’une mentalité communautaire du type la plus prosaïque, car exclusive de l’autre.
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En réponse à la décision israélienne de faire passer le tracé de la clôture de sécurité par le village de Bilin en Cisjordanie, un groupe de militants « pacifistes » sont descendus manifester … déguisés en Navi’s.

Ce qui est avant tout dérangeant c’est cet indécrottable espoir, chez certains confrères de pays anciennement colonisés, ou toujours colonisés, que le salut viendra de l’occident. Entendons-nous, Manifester en Nav’i est destiné avant tout à susciter l’émoi d’un public occidental. Le paysan égyptien moyen, l’ouvrier syrien ou le militant irakien ne risquent pas de faire atchoum, si encore ils ont vu le film Avatar.
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