Nomination de Dov Zerah à la tête de l’AFD : une double victoire pour Israël et la Françafrique

Campagne de santé publique Hasard ou ironie de l’histoire, le cinquantenaire des indépendances africaines coïncide avec la nomination de Dov Zerah à la tête de l’AFD – Agence Française de Développement.  Ancien conseiller municipal au coeur du fief sarkozyste de Neuilly-sur-Seine (92), Dov Zerah a également exercé des fonctions éminentes au service de la communauté juive en présidant depuis janvier le Consistoire israélite de Paris – l’un des principaux organes représentatifs des Juifs de France.

Le Consistoire est un organisme distinct du CRIF (Conseil représentatif des Juifs de France) même si les deux instances ont trouvé un point de convergence dans la défense des intérêts israéliens. En effet, le Consistoire a été créé en 1808 sous impulsion napoléonienne pour administrer le culte israélite dans le cadre national français. Le CRIF  naît dans un contexte d’occupation. Il a précisément pour objectif de contrecarrer la collaboration d’Etat avec les Allemands et surtout, d’organiser la résistance  antifasciste face à l’institutionnalisation des pratiques racistes discriminatoires qui prenaient essentiellement pour cible la communauté juive.

Après la Seconde guerre mondiale, les missions de ces institutions se sont organisées selon une ligne de partage qui peut ainsi être résumée : le Consistoire prend en charge les affaires  quotidiennes du culte – sans clairement exprimer un avis sur les partis en place – tandis que le CRIF assume une mission plus explicitement politicienne et partisane, en exerçant un lobbying en faveur du sionisme.

Dov Zerah – le nouveau président de l’Agence Française de Développement – a appelé de ses voeux un rapprochement de ces instances, et il a même promis au CRIF dans un entretien daté du 8 janvier 2010, de tout faire pour que le Consistoire rejoigne le CRIF : “Soyez assuré que je mettrai toute ma capacité de persuasion pour concrétiser le retour de la famille consistoriale au CRIF”.

Le CRIF n’est en définitive rien d’autre que l’appareil idéologique du sionisme en France ; moins préoccupé des Juifs – de leurs cultures et de leur patrimoine passé et présent – que de l’Etat colonial d’Israël – de son expansion et de son impunité. Cet appareil idéologique exploite éhontément les souffrances du peuple juif en vue de servir le projet sioniste qui vise à redessiner la carte du Moyen-Orient. Ce n’est pas un effet du hasard si la phraséologie coloniale du  “nouveau Moyen-Orient” a été déployée à Tel Aviv – en juin 2006 (à l’occasion d’une conférence de presse de Condoleeza Rice, alors secrétaire d’Etat, accompagnée du ministre Olmert). Nous ne reviendrons pas sur la nature obscène et inhumaine des propos tenus par ces démocrates auto-proclamés au moment où la population civile libanaise payait le prix fort de cette politique : quatre millions de bombes à sous-munitions ont été lâchées par “l’armée la plus morale du monde” sur des civils, dont 90 % soixante-douze heures avant le cessez-le-feu et après l’adoption de la résolution 1701.

Ce qu’il faut simplement rappeler, à ce stade, c’est l’adhésion du CRIF et des sionistes français – dont Dov Zerah – aux objectifs politiques de cette phraséologie abjecte qui s’articule parfaitement au discours néo-conservateur – islamophobe et orientaliste – selon lequel il y aurait un “clash de civilisations”. Jusqu’à l’avènement bling-bling de Nicolas le Petit à la présidence de la république française, la capacité de nuisance de cette idéologie semblait limitée car la politique du Quai d’Orsay était largement tributaire d’une tradition gaulliste de la droite française où c’était la critique de l’alignement atlantiste qui prévalait largement. L’une des mesure les plus signifiantes de la politique étrangère sarkozyste a  en effet consisté à reintégrer l’Alliance atlantique après une parenthèse de 43 ans. Entre le 7 mars 1966 – où De Gaulle déclarait en fermant les bases américaines et canadiennes sur le sol français : “La France se propose de recouvrer sur son territoire l’exercice entier de sa souveraineté, entamé par la présence permanente d’éléments militaires alliés ou par l’utilisation habituelle qui est faite de son ciel” – et le 11 mars 2009, date à laquelle la France par le truchement de Sarkozy et l’inénarrable Kouchner regagne le commandement militaire de l’Alliance atlantique, l’eau diplomatique a bien coulé sous les ponts d’un nouvel agenda politique.

La nomination de Dov Zerah à la présidence de l’AFD – par Nicolas Sarkozy – doit être  mise en perspective avec ce nouvel agenda. L’AFD – Agence Française de Développement – est une institution financière, “au coeur du dispositif français de l’aide publique en faveur des pays les plus pauvres”. En termes de capitaux, elle dispose d’une somme plutôt confortable : environ 6 milliards d’euros par an. La nomination de Dov Zerah à la présidence de l’AFD ne peut que réjouir les réseaux d’influences africains, qui recoupent d’ailleurs largement l’espace francophone.

Zerah est l’ancien directeur de cabinet du Ministre de la coopération Michel Roussin, ex numéro 2 de la DGSE (services secrets), épinglé par la justice pour avoir détourné des fonds publics – à hauteur de 600 millions d’euros, tout de même. Ce proche du nouveau directeur de l’AFD – qui brille par son honnêteté et son sens du service public – est aussi celui qui a permis le blanchiment de ces budgets dans plusieurs villes d’Afrique. Ce n’est donc pas sans raison que Dov Zerah souhaite recentrer l’Agence sur “les pays francophones d’Afrique subsaharienne, les pourtours de la Méditerranée et de la péninsule indochinoise, ainsi que là où [nos] troupes sont présentes pour compléter leur action militaire”. Une certaine conception du développement, qui n’est pas sans rappeler le mépris paternaliste et décomplexé de son ami Nicolas Sarkozy à Dakar en 2007 – lorsque ce dernier évoquait, dans un discours officiel, "l’homme africain" qui se différencie de "l’homme moderne" en tant qu’il "reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout semble écrit d’avance". La Françafrique tient fort probablement la plume très intéressée de cette caricature raciale.

Nous empruntons le terme de “Françafrique” à l’ouvrage de référence de François-Xavier Verschave (Stock, 1998) où le terme recouvre : “une nébuleuse d’acteurs économiques, politiques, militaires, en France et en Afrique, organisée en réseaux et lobbies, et pôlarisé sur l’accaparement de deux rentes : les matières premières et l’Aide publique au développement”. L’origine de cette nébuleuse remonte aux réseaux Foccart institués par de Gaulle au moment des indépendances, dans les années 1960. On voit d’ailleurs, en passant, que si de Gaulle avait à coeur l’autonomie politique pour la nation française, cet idéal n’était pas universalisable (sauf en paroles, bien sûr) aux autres peuples, notamment africains et plus largement non-européens.

On peut rappeler rapidement que dès 1960, l’ensemble des possessions françaises au sud du Sahara, à l’exception de Djibouti, accédaient à leur indépendance : ainsi, le Tchad, l’Oubangui-Chari (République centrafricaine), le Congo et le Gabon – regroupés dans l’Afrique équatoriale française – devinrent tous des Etats (en principe) souverains. Les pays de l’Afrique occidentale française : le Cameroun, le Niger, la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, la Haute-Volta (Burkina Faso), la Côte d’Ivoire, le Dahomey (Bénin), le Togo se sont aussi ajoutés à la liste.

La Françafrique se justifie, selon Verschave, par diverses raisons – notamment, la nécessité d’assurer à la France une place forte au niveau international en profitant de son influence en Afrique francophone qui lui garantit un nombre important de votes à l’ONU. Il y a d’autres éléments d’explication que le sarkozysme a rendu impertinents tout en maintenant le système à la faveur d’un nouvel agenda politique – comme la volonté de contrer l’hégémonie anglo-saxonne dans le monde ou le maintien de la dite “politique arabe” de la France.

Le sarkozysme a donc assurément initié une rupture – au service de l’atlantisme et du projet colonial israélien – dans la continuité : la nomination de Dov Zerah illustre, en somme, cette collusion d’intérêts entre la Françafrique et le projet sioniste de colonisation de la Palestine arabe.

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3 commentaires
  1. LE DRAME DE L’AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT

    « En Afrique les projets de Lutte contre la pauvreté appauvrissent les populations ! ».

    C’est une femme admirable qui le dit. Une Sénégalaise qui depuis Saint-Louis œuvre inlassablement pour aider les femmes de la vallée du fleuve Sénégal à faire renaître l’agriculture de la région. Les hommes eux sont, contre l’avis des femmes et au péril de leur vie, partis en Europe pour essayer de gagner quelque argent…

    « L’AIDE FATALE : Les ravages d’une aide inutile et de nouvelles solutions pour l’Afrique ».

    C’est Dambisa MOYO, une autre Africaine qui a écrit ce livre, elle sait de quoi elle parle pour avoir travaillé à la Banque Mondiale…

    « Ne pas avoir peur de dire aux Africains qu’on veut les aider, mais qu’on veut aussi que cela nous rapporte…/… ».

    C’est un homme qui le dit, un Français, le Secrétaire d’État à la coopération – démissionnaire et qui ne serait pas remplacé le nouveau Directeur de l’AFD faisant sans doute fonction…-, le même qui ajoutera un peu plus tard qu’il faut créer un loto pour financer l’aide publique au développement ! ».

    « Ce sont les entreprises –et non les ONG- qui doivent prendre toute leur place dans l’aide au développement ! ».

    C’est un autre homme qui le dit le 29 juin 2010, Dov ZERAH nouveau directeur de l’AFD qui confirme ainsi que l’on veut bien aider mais qu’il faut que ça nous rapporte !

    Tout a donc été dit et sur le constat d’échec de l’aide et sur le peu de chances qu’il y a dans sortir si l’on continue à refuser les leçons qui auraient dues être tirées de ce constat.

    Jacques DIOUF le Directeur Général de la FAO n’arrête de le clamer haut et fort : « Nous ne sortirons de la famine qu’en aidant ces pays à assurer en priorité leur autosuffisance alimentaire ». Or au lieu de le faire en commençant par le développement de leur secteur primaire, ce qui permettrait aux populations de vivre dignement dans leurs meubles, nous recherchons des marchés permettant d’assurer notre précieuse et sacro–sainte croissance.
    Nous recherchons au travers de l’immigration prétendument choisie une main d’œuvre pour des taches que nous ne voulons plus accomplir.

    Au lieu d’aider ces pays à assurer leur développement en commençant par atteindre leur autosuffisance alimentaire, non seulement nous les incitons, en dissimulant au besoin le tout derrière le commerce dit équitable, à faire de l’agriculture industrielle en prétendant, imbécillité suprême, qu’ils dégageront les devises nécessaires à l’achat chez nous de leur nourriture ; mais nous leur faisons comprendre en prime que notre aide à leur développement doit avant toute chose nous rapporter.

    Au lieu d’aller écouter et soutenir Jacques DIOUF et la FAO au sommet de ROME sur la faim, nos chefs d’État irresponsables et inconséquents, ont préféré se livrer aux pitreries de COPENHAGUE, dont il ne pouvait rien sortir s’agissant de la recherche de solutions à un faux problème.

    Nous avons pendant deux décennies tenté de mettre en place des outils de développement, de financement notamment, qui ont fait la preuve de leur inefficacité et accentué pauvreté et famine dans les pays que nous entendions aider.

    Ce furent les funestes « ajustements structurels » imposés par la Banque Mondiale qui, pour simplifier, consistaient à pousser les pays à une indépendance et autonomie financière.
    Il fallait pour cela se procurer des devises, ce qui était fait par des cultures industrielles exportées alors que le niveau prioritaire d’autosuffisance alimentaire n’avait pas été atteint.
    Le résultat fut qu’il était impossible d’importer les ressources alimentaires de base en raison de la faiblesse des devises obtenues dans le cadre d’une organisation mondiale du commerce qui assassine les plus faibles.

    La Banque Mondiale dans cette phase avait rejeté violemment le modèle d’organisation coopérative du secteur agricole, et notamment la toute première étape de ce modèle remise à l’honneur par Muhammad YUNUS : la microfinance.

    La Banque Mondiale et les organismes de distribution de l’aide publique au développement affligés du syndrome du thermostat, qui fait qu’en matière de pensée nous agissions comme avec cet appareil dont nous ne connaissons que les positions extrêmes, revenait brutalement dans une deuxième phase à Muhammad YUNUS à sa Grameen Bank et à la microfinance sans imaginer que cette toute première étape d’un modèle millénaire devrait bien vite être dépassée.

    Les Pionniers de Rochdale en 1843, les producteurs de fourches de micocoulier dans le Gard en 1661, les créateurs de fruitières et autres tontines se référaient à des traditions ancestrales que l’on trouvait déjà chez les agriculteurs de Babylone, pourquoi l’outil mis en place dans nos agricultures il y a plus de cent ans ne serait il pas le modèle incontournable à développer chez ceux qui attendent que nous les fassions bénéficier de notre expérience ?
    Ce n’est pas parce que le merveilleux outil de la coopération est dépassé ou n’a plus lieu d’être chez nous que nous devons en rejeter l’utilisation dans les agricultures émergentes, ou en rester à ses toutes premières étapes comme nous nous obstinons à le faire avec la microfinance.
    C’est cet outil qui dépassant très vite la toute première étape de la microfinance a permis, il y a plus d’un siècle, à nos agricultures de connaître le développement que l’on sait alors qu’elles étaient dans la situation de celles que nous prétendons aider.

    « Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. »
    CONFUCIUS
    Philosophe, historien et homme d’Etat chinois
    « Yah ça m’a mordu, Back to the trees ! », retour aux arbres ! rugit oncle Vania notre lointain ancêtre face à l’apport trop brutal du feu qu’Édouard était allé chercher bien loin (Roy Lewis : « Pourquoi j’ai mangé mon père »).
    Apprends–nous plutôt à pêcher ! Sans nous renvoyer dans les arbres.

    À BERGERAC le 25 juillet 2010
    Jean-Pierre Canot
    Auteur de « Apprends-nous plutôt à pêcher »
    apprends-nous.plutot.a.pecher@canot.info

  2. princesse de clèves, islamogauchiste a dit:

    Un officier français menace un journaliste de Liberté (journal de l’opposition togolaise) :

    Au foyer de l’Eglise évangélique presbytérienne, le lieu où devait se tenir le congrès de l’UFC, le journaliste-reporter du quotidien « Liberté », AGBEDIVLO Komi, alias Didier Ledoux, a été l’objet d’intimidations et de menaces de la part d’un officier français au service des Forces armées togolaises (FAT). Alors que le journaliste, identifiable par le gilet de reportage offert à toutes les rédactions par le bureau local du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (HCDH) était en train de faire son travail, l’officier a bondi sur lui en lui demandant pourquoi il le photographiait.

    « Tu sais qui je suis ? Je suis le conseiller du chef d’Etat major de l’armée de terre. Tu veux que j’appelle le RCGP (Régiment des Commandos de la Garde Présidentielle, ndlr) pour foutre un peu d’ordre là-dedans ? Alors, je demande d’enlever les photos. Est-ce que c’est compliqué ? », vociférait l’officier. Suite aux interventions de certains confrères, notre reporter s’est exécuté en nettoyant les images du Français. Après s’être assuré que les photos ont été enlevées, il a laissé partir le journaliste qui lui a fait comprendre qu’il ne peut jamais faire en France l’acte regrettable qu’il vient de poser.

    Que vient chercher un conseiller spécial du chef d’Etat major de l’armée de terre à une manifestation publique dont la sécurité est en principe assurée par la Police et la Gendarmerie ? Pourquoi donnait-il des ordres comme le montrent les images ? Autant de questions que tous les témoins de la furie de l’officier blanc se sont posées.

    Mais on apprendra plus tard que celui qui s’est présenté comme conseiller spécial du chef d’Etat major de l’armée de terre serait allé demander aux gendarmes de « rentrer dedans » aux jeunes qui auraient altéré sa voiture quand il forçait le passage où il y avait un attroupement monstre. Etant en territoire conquis, il a le droit de faire ce que bon lui semble.

    C’est curieux qu’un officier français formé en France, pays des droits de l’Homme, menace de faire venir des éléments de la garde présidentielle pour régler un malentendu qui l’opposait à un journaliste qui ne faisait que son travail.

    Mais hier nuit, nous sommes tombés sur un étrange communiqué de presse de l’Ambassade de France au Togo. « Le véhicule d’un Officier français, membre de la mission de coopération militaire, qui se trouvait fortuitement aux abords d’un rassemblement, a fait aujourd’hui l’objet de jets de pierres. Après avoir signalé les faits au détachement de Gendarmerie qui se trouvait à proximité, l’Officier n’a pas souhaité qu’un photographe fasse une prise de vues », explique l’ambassade. Drôle n’est-ce pas ?

    R. Kédjagni – source : http://www.libertetg.com/contenus.php?id_art=67&content=1&tabloo=une_sec

    La vidéo :

    A noter que le journaliste togolais vouvoie le militaire français tandis que ce dernier le tutoie avec tout le mépris qu’il porte aux indigènes.

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