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Archives Mensuelles: novembre 2010

La semaine dernière, nous avons publié la première partie d’un entretien avec le journaliste René Naba – enregistré à Paris le 18 septembre – voici le deuxième volet de cette conversation qui aborde, entre autres thèmes, plus directement celui de la francophonie : splendeurs, misères et illusions perdues ! Bonne lecture.

IIe partie : Francophonie

Est-ce que l’expression « Misères francophones » fait sens pour vous, et si oui, pouvez-vous nous donner des exemples concrets de cette misère ?

Qu’on ne s’imagine pas que la langue française est une langue universelle ; elle l’était. Mais aujourd’hui, dans le classement linguistique des locuteurs, la France arrive en 12ème position. Il y a 400 millions de locuteurs arabes, et 120 millions de francophones. Les principaux gisements de la francophonie au XXIème siècle, c’est l’Algérie, le Maroc et le Sénégal, c’est-à-dire les pays de destination des charters de la honte. Ce qui devrait être la source de pérennité du rayonnement culturel fait l’objet de stigmatisations, et ça c’est une misère morale francophone.

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En hommage à Abraham Serfaty – que Dieu ait son âme – voici l’extrait d’un article publié dans le Monde diplomatique en 1992 où il dénonçait l’illusoire démocratisation du royaume, ainsi que la persistance des inégalités sociales – accrues par l’émergence d’une classe politique s’adaptant toujours aux requêtes du Fonds Monétaire International, enrichissant souvent les techno-bureaucrates et ne s’inquiètant jamais de ceux qui brûlent désespérément leurs papiers pour, lorsqu’ils n’échouent pas mourants sur les plages espagnoles, être réduits en quasi-esclavage par des exploitants agricoles qui se livrent régulièrement à des crimes racistes. Abraham Serfaty est né en 1926 à Casablanca dans une famille juive. Militant anticolonialiste, il est arrêté par les autorités françaises en 1950. Son assignation à résidence a été ordonnée par François Mitterrand, alors ministre de l’Intérieur. Après l’Indépendance, quand Serfaty revient au pays, il devient Directeur de l’Office Chérifien des Phosphates – refusant la possibilité de faire carrière en monnayant son engagement politique. Il est cependant rapidement limogé, en raison de son soutien aux mineurs grévistes de Khouribga. Alors membre du Parti Communiste, il quitte cette formation – jugée sclérosée – pour fonder « Ilal Amam » (En Avant) en 1970, avec entre autres le poète Abdellatif Laâbi, animateur de la revue Souffles interdite par le pouvoir en 1972. Date à laquelle Abraham Serfaty, qui refuse tout compromis avec la monarchie, est arrêté et torturé. Libéré sous la pression des luttes sociales – émeutes de la faim violemment réprimées par Hassan II – il entre dans la clandestinité. Des membres de sa famille, Maurice et Evelyne, sont arrêtés et torturés à leur tour par la police du régime. Ils ne parlent pas. Evelyne succombe, deux ans plus tard, à la violence de ces sévices. Plusieurs camarades d’Ilal Amam sont arrêtés, torturés, tués ou devenus fous. Abraham Serfaty résiste. En 1976, l’organisation est littéralement décimée. Ce n’est qu’en 1991 qu’Abraham Serfaty sera libéré. Toute sa vie, il a assuré d’un soutien explicite et sans faille le peuple palestinien, qualifiant le sionisme d’idéologie raciste. Cf. son texte : Du déracinement des « élites » à l’encadrement sioniste qui montre la manipulation dont les Marocains de confession juive ont fait l’objet : il y dénonce notamment « l’effort colonial relayé et développé par le sionisme » – qualifié de « mensonge » à déconstruire au même titre que le référent occidental. Read More

« Les esprits valent ce qu’ils exigent » écrivait Paul Valéry. Le journaliste René Naba incarne précisément ce genre d’esprit qui vaut par ses exigences. De notre conversation avec lui, se dégagent en définitive peu de principes. Ceux-là suffisent pourtant à jeter les bases d’une éthique qui, par-delà le seul professionnalisme ou la façon d’aborder l’actualité, reflète surtout une intelligence de l’histoire et la volonté persistante de ne pas se laisser corrompre – ni par les intérêts ni par les préjugés. Nous laisserons le lecteur juge de la simplicité, de la rigueur et du caractère concret de ces principes qui contrastent avec le bavardage, les délires pseudo-théoriques et autres circonvolutions verbeuses des journalistes qui prétendent éteindre un feu qu’ils allument : pompiers pyromanes au service d’une idéologie dominante peureuse, bercée d’illusions bien arrangeantes, de références mal digérées et de mythes idiots (au sens étymologique du mot : c’est-à-dire « particuliers ») auxquels ils n’hésitent jamais à sacrifier le sens commun. René Naba en est le contre-exemple.

L’entretien se décline sous trois parties : Itinéraire / Francophonie / « Supplément littéraire » des Misères francophones

Il a été enregistré à Paris le 18 septembre 2010, et retranscrit par Croissant.

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Les semaines qui précédèrent la visite du président iranien Mohammad Ahmadinejad au Liban ont coïncidé avec le regain de tension au sujet du tribunal international pour l’assassinat du premier ministre Rafic Hariri et poussé le microcosme francophone libanais à produire une de ses rares perles médiatiques : les vociférations hystériques de Michel Hajji Georgiou, journaliste de l’Orient le jour qui écrit très irrégulièrement sa « feuille de route ». Hajji Georgiou nous a habitué à être un défenseur acharné des libertés d’expression, combat mené à travers la représentation binaire d’un conflit politique entre les forces de la liberté, de la civilisation, d’une certaine conception « moderne » du temps, et autres signifiants de « la culture », et les forces de l’obscurantisme, du totalitarisme, et tout ce qui va avec. Le problème d’une telle démarche, c’est qu’elle contribue à une interdiction de la liberté d’expression de l’autre en sapant ses fondements logiques, sa raison d’être, comme on le verra bientôt, tout en brandissant paradoxalement le slogan de cette liberté.

Ainsi, Hajji Georgiou est avant tout engagé dans l’élaboration du discours supérieur et distinctif d’un certain groupe (élite) social. De son choix référentiel pour soutenir ses arguments politiques (qu’il serait plus judicieux de nommer culturels comme on le verra), à sa représentation de « l’autre » et comment lui faire face (ou le disqualifier) en tant qu’agent politique avec un raisonnement à défendre. Georgiou brandit maladroitement un libéralisme qui combat les forces obscures du totalitarisme. Si L’argument libéral se veut défendant la possibilité d’un bien-fondé de la position d’un parti politique, la phrase attribuée à Voltaire étant l’illustration parfaite : « je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je me battrais jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire », est totalement contredite par les actions d’un Georgiou. Cette phrase de Voltaire pourrait aussi vouloir dire « si je suis prêt à me battre pour ce que vous avez à dire c’est que je trouve que ce que vous dites peut avoir une logique donnée », et c’est à ce niveau là que Georgiou se retrouve aux antipodes de ce qu’il prêche, et par delà même montre combien l’argument libéral de la liberté d’expression reste truffé de contradiction.
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Bernard Kouchner ou la duplicité de la diplomatie française.

Enfant monstrueux de mai 1968 et de l’idéologie néo-conservatrice américaine, le ministre français Bernard Kouchner – ex-gauchiste reconverti au pseudo-socialisme mitterrandien puis glissant vers la droite sarkozyste à la vitesse fulgurante d’un carriérisme qui ne s’embarrasse pas de cohérence – occupe une place tout à fait singulière dans le paysage politique français : l’aptitude prodigieuse de cet individu aux incessants retournements de veste, ainsi que la visite dont il gratifie le peuple libanais, vaut bien un retour sur son parcours de French Doctor – depuis le de sac de riz télégénique qui a fait sa marque de fabrique dynamique et généreuse à la rengaine fatiguante du “Il faut détruire Téhéran” qu’il ânnone depuis trois ans au Quai d’Orsay.

Il y a fort longtemps, alors qu’il n’était pas encore l’époux de l’influente journaliste Christine Ockrent et le serviteur du petit Nicolas, Bernard Kouchner participait à une aventure éditoriale avec l’équipe fondatrice de Radio Nova – devenue aujourd’hui banalement branchée et complètement vérolée par la pub ; TSF qui appartient au même groupe est plus audible. Le magazine s’appelait Actuel : fondé en 1970 par Jean-François Bizot et une poignée d’hommes aux idéaux aussi abondants que leur capillarité de hippies soixante-huitards, la publication s’était d’abord spécialisée dans le jazz puis dans la pop avant d’aborder toutes les thématiques sociétales délaissées par les autres gauchistes : la drogue, le féminisme, le rock, l’écologie, les communautés. Une folle époque, donc. Mais que le lecteur ou la lectrice traditionnaliste des Misères Francophones se rassure : Bernard allait bientôt rentrer dans le rang. Ainsi, quand le journaliste Bizot décède en 2007, c’est le ministre Kouchner qui fait à l’AFP l’éloge de “l’homme des traverses, de ces contre-cultures d’où jaillissent la vie.”

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A tous les nostalgiques de la guerre de libération de 1989…

Ecrite et chantée par Guy Béart

(On croirait un editorial de L’Orient-Le-Jour)

Liban libre, libre Liban

Enfants libres, libres enfants
Et tous les martyrs
Chrétiens, musulmans
Avant de partir
Ont crié ce chant

Liban libre, libre Liban
Enfants libres, libres enfants

Toi qui nous montras
Tant d’humanité
Qui ouvris les bras
Aux déshérités

Liban libre, libre Liban

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