Volonté de paix, ou de montrer votre arrogance ?

faresCeci est un réponse à l’article de Farès Souhaid « Coordinateur général des forces du 14 Mars » paru dans l’Orient le Jour du 1 Novembre 2014 et intitulé « La voie de la paix ».

Cher Mr. Souhaid, je comprends votre frustration: les musulmans se tapent dessus, et les chrétiens n’ont plus le même poids politique pour les faire revenir à la raison. Comme vous le dites, ils sont « perplexes, craintifs, voir même apeurés ». Seulement, et dîtes-moi si je ne me trompe, n’est-ce pas là une description que l’on pourrait faire de l’état d’esprit des chrétiens à la veille de la guerre dite civile qui débute en 1975 ? Il me semble que les chrétiens libanais, du moins la classe politique à laquelle vous appartenez, ont toujours été dépassés par les événements. Et pourtant, les chrétiens de ce même mouvement, ne se lassent pas de répéter qu’ils ont tant à enseigner aux peuples de cette région, tant à inculquer aux ignares de ce pays. Lire la suite

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Pour en finir avec l’intégrisme !

Il est assez fréquent de lire dans la prose journalistique, et même académique, que les mouvements islamiques sont un peu « tous les mêmes ». Après tout, ils se prétendent tous « islamistes » ! Dans la littérature francophone, le terme récurrent qui regroupe les différentes mouvances est celui « d’intégriste ». A ma connaissance, ce terme ne possède pas d’équivalent en anglais. On trouve Radical, Extremist, etc, mais rien qui ressemble à « intégriste ». Mais qu’est-ce que veut dire intégriste ? Quelqu’un d’intègre à ces idées ? N’est-ce pas là un trait de caractère pour le moins admirable ? Et puis pourquoi on ne trouve cette dénomination qu’en français ? A-t-elle une spécificité historique française ?

En vérité, le terme « intégriste » possède une histoire politique tumultueuse comme on le verra ci-dessous mais allons d’abord voir du côté des définitions. Les dictionnaires français en proposent plusieurs. Celle-là est particulièrement révélatrice: « Refus de toute évolution, particulièrement de la religion, au nom du respect de la tradition ». Donc une tradition par définition ne changerait pas, et l’évolution est un genre de nécessité culturelle que les humains suivent quand il se détache de leur tradition ? Une autre définition, plus intéressante, explique qu’intégriste « se dit d’un mouvement qui exige l’application intégrale des textes religieux à la vie publique d’un pays ».

Mais revenons à nos moutons : qu’est-ce que la « tradition » ? Ce mot vient du latin traditio, tradere, de trans « à travers » et dare « donner », ce qui veut dire « faire passer à un autre, remettre ». Ceci implique donc une notion de confiance, et de fidélité ; la personne ou le groupe qui hérite d’un certain réservoir de connaissance ou de savoir-faire doit aussi savoir le préserver, ou tout du moins préserver certaines caractéristiques de cet héritage. Cela implique à son tour une certaine éthique, un engagement, voire une promesse.

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L’Islamophobie: Etude de texte

A lire absolument: La Princesse de Clèves qui décortique la pauvreté de la pensée dans un dossier sur l’Islam paru dans L’Express. Des procédés qu’on retrouve facilement dans les publications en province francophone:

L’Occident – dont l’évidence de la définition et la supériorité morale sont tenues pour acquises tout au long du dossier – est d’emblée positionné « en face ». L’imaginaire haineux de la confrontation déployé par la rédaction de l’Express est implicitement prêté à l’autre partie – celui de la « musulmanerie ».

A suivre…