Gad el Maleh « pour les Israéliens francophones »

Pour la postérité, voilà Gad el Maleh parlant de son séjour en Israël. Ecoutez ce qu’il a dire, et envoyez à l’Orient le Jour.

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8 réflexions sur “Gad el Maleh « pour les Israéliens francophones »

    • Absolument! C’est le même esprit. même si les deux « affaires » sont sensiblement différentes.

      Mais à mon avis, « l’affaire Gad el-Maleh » pose un plus grand problème, qui tient à l’importance d’Israël aujourd’hui pour le judaïsme et aux yeux des juifs. Son établissement est un événement à proprement parler révolutionnaire pour cette religion. Il rétablit un centre qui est en interaction perpétuel avec ses livres sacrés.
      C’est encore plus significatif que le rétablissement du Califat pour le Sunnisme ou si Istanbul redevenait Constantinople pour l’Eglise orthodoxe.

      Comment ne pas prendre en compte cette réalité et admettre les difficultés que cela pose pour les boycotteurs d’Israël et par rapport aux relations avec des Juifs qui ne se situent pas aux marges de leur communauté.

  1. Bonjour,

    Je me permets d’interrompre cet échange de ruminante courtoisie!

    @WL : es-tu sérieux lorsque tu parles de « l’importance d’Israël aujourd’hui pour le judaïsme et aux yeux des juifs », comme si cet énoncé était une vérité générale, valable de toute éternité, et qui allait tranquillement de soi?

    – De quel « Israël » est-il question?
    – De quel judaïsme?
    – De quels Juifs?

    Les Juifs orientaux, par ex., dès la création de l’entité coloniale – dite « Etat d’Israël » – ont subi des violences structurelles (cf. Ella Shohat). Le sionisme – avant d’être une mystique fondée, comme certains le prétendent, sur les textes sacrés de la tradition juive – est une idéologie moderne, nationaliste, euro-centrée et à caractère orientaliste et colonial.

    Le raccord religieux – cette « centralité en interaction perpétuelle avec les textes sacrés » dont tu parles – permet surtout de justifier a posteriori – entre eux d’abord et aux yeux de l’opinion – le nettoyage ethnique opéré en Palestine. Ce nettoyage ethnique ne serait pas raisonnablement ni moralement tolérable par les Juifs eux-mêmes s’il n’était pas soutenu par une sorte de « cause supérieure » qui dépasse la raison d’Etat.

    Faute de temps, je ne développe pas tout de suite, mais j’apporterai des preuves à l’appui de mon argumentation et je lirai avec intérêt ta réponse – ou d’autres – ainsi que tes développements contre le boycott.

    Salutations.

    http://www.bdsfrance.org/

    • @Princesse de Clèves, Islamo-gauchiste (PCIG)
      Tu soulèves plein de questions là PCIG.
      Mais à mon avis, il n’y a pas de contradiction fondamentale entre ce que j’ai dit et ce que tu as dit.

      – WL: « l’importance d’Israël aujourd’hui pour le judaïsme et aux yeux des juifs »,
      – PCIG: Cet énoncé n’est pas «une vérité générale, valable de toute éternité, et qui allait tranquillement de soi ».

      Ce que j’ai énoncé est un constat. J’ai bien précisé le contexte: « aujourd’hui ». Ceci ne justifie ni le passé, ni le présent, ni l’avenir. C’est un simple constat. Et c’est un défi. Une personne qui s’identifie en tant que juive aujourd’hui ne peut s’opposer à Israël sans se mettre aux marges de sa communauté. Ça aussi, c’est un constat. Pire, elle aura du mal à avoir une distance critique par rapport à Israël tant que cette « entité » (réelle, historique et imaginaire) impregne son quotidien (à travers la presse juive, les synagogues, les associations juives, les réseaux, la famille, la musique, l’espace professionnel…). Ça aussi, c’est un constat.
      Je suis d’accord avec toi pour dire que ça n’a pas toujours été le cas, et que ceci est dû à la politique active des groupes sionistes… Mais cela ne change rien au constat.
      La question que je me pose est de savoir comment on peut interagir avec (ou réagir) cette situation de fait!

      Comme toi, je suis à la recherche d’une paix juste au Proche-Orient. Mais si notre objectif est le même, les voies que nous avons empruntés sont divergentes, et tant mieux! Tu es pour le BDS (boycott, désinvestissement, sanctions), et je comprends tout à fait la logique derrière cette action et je suis persuadé qu’elle est importante, et même nécessaire en Occident. D’une part elle permet la sensibilisation d’un public qui n’est qu’indirectement concerné par le Proche-Orient, et puis elle permet de faire pression sur le gouvernement d’Israël.

      Son seul inconvénient est qu’elle met la plupart des personnes qui s’identifient en tant que juifs à la défensive, pire, elle les renvoie à un douloureux récit de persecution. Donc non seulement elle renforce un repli communautaire, mais elle nourrit un « reflex » qui au lieu d’écouter la critique va la retraduire (erronément) et la comprendre comme une attaque nourri par la haine. Et qui en fait les frais? Les Palestiniens, évidemment…

      J’ai réalisé ce problème il y a quelques années et j’essaie de suivre une autre voie, une autre démarche afin que les Israéliens et toute personne qui s’identifie en tant que juive puisse entendre les doléances des Palestiniens et assumer la responsabilité de l’Etat d’Israël dans cette affaire.

  2. C’est pas tres clair ce que tu racontes inquiet libanais. je ne sais pas pourquoi tu melanges juifs et israeliens. Meme les juifs anti-sionistes, anti-israeliens, ce garde bien de faire ca. Il se peut que je sonne un peu paternaliste, mais je n’ai pas l’impression que tu as une vision politique assez mature de la question Israel-Palestine, de l’enjeu, de ce qui pourrait creer un contexte pour la ‘resoudre’ (si ce mot veut dire quelque chose dans ce contexte) ou en tous les cas, ramener un semblant de justice dans l’affaire. Je ne vois vraiment pourquoi faire « entendre les doleances des Palestiniens » requiert dorlotter « les juifs ». Tu peux tres bien boycotter israel, aimer les juifs, etre juifs meme, tout ca en meme temps!

  3. encore un chose: il n’y a aucune haine dans ce genre de demarche. le boycott est une mesure qui cherche a restaurer un certain status-quo de justice, ou en tous les cas faire parvenir un mecontentement sur les agissements d’une entite politique. Si tu preferes ramener une equipe de psychanalyste pour traiter l’Israelien (pour qu’il ne se sente pas rejete vu qu’il est juif, le pauvre), et bien valse avec bashir serait un bon point de depart… Mais tu ne resoudra rien de cette maniere la…

  4. Salut Worried Lebanese,

    D’abord merci pour ta réponse.

    Nos positions ne sont sûrement pas éloignées sur le fond, mais encore faut-il préciser une chose sur la forme : je suis très méfiante à l’endroit des expressions consensuelles du type « paix juste au Moyen-Orient ». La « paix juste », ça ne veut rien dire. Ou plutôt, ça veut dire – pour la plupart des gens qui ont cette litanie molle dans la bouche – qu’il faut criminaliser la résistance palestienne avant de condamner la colonisation sioniste.
    Je vais me prendre pour Jean-Luc Godard trois secondes (on a tous nos faiblesses) : la paix juste, c’est juste la paix.

    Or, je ne crois pas du tout à la paix sans justice préalable.
    Même Gideon Levy – la voix ultra-minoritaire qui sert de faire-valoir démocratique à l’entité sioniste – l’a dit aux conférences de presse qu’il a faites en France (et comme par hasard, aucun journaliste ne l’a retransmis) : « Israël ne comprendra pas tant qu’il ne paiera pas aussi le prix de l’occupation »
    C’est très violent comme phrase (et lucide). Mais pas aussi violent que les crimes de guerre commis par l’armée dite « la plus morale du monde » et dont les défenseurs appellent systématiquement à « une paix juste ». J’en profite pour souligner que je ne t’assimile, ni de près ni de loin, à ces gens avec lesquels je pense de toute façon qu’il vaut mieux ne pas discuter – sauf pour les confondre publiquement et prouver le caractère immoral et creux de leur discours.

    La paix – la vraie paix, càd celle conforme au concept de paix – n’existe qu’entre interlocuteurs égaux. Sinon, c’est au mieux : du baratin qui ne sert à rien ; au pire : des couleuvres que le plus fort essaie de faire avaler au plus faible pour maintenir un rapport de domination.

    Aussi, je suis entièrement d’accord avec le précédent commentaire de Bashir.
    Imagine que tu te fais agresser dans la rue – que Dieu t’en protège – tu ne vas commencer à discuter avec l’agresseur, déjà tu vas tout faire pour que cesse l’agression, te mettre hors de portée de l’individu qui veut ta perte, afin éventuellement d’engager un (très improbable, étant donné les circonstances) dialogue. Et de toute façon, si tu as été toi-même réduit au silence par la violence du plus fort, il n’y a même pas de discussion possible.

    Voilà pour « paix juste ».

    De la même façon, je trouve l’expression « doléances des Palestiniens » un pur foutage de gueule – désolée pour la vulgarité.

    Doléances? Mais c’est quoi ce mot, enfin, WL? T’as cru qu’ils essayaient de contacter le service après-vente d’un magasin d’électro-ménager ou quoi?!!

    Soyons sérieux deux minutes, et gardons justement le sens de l’histoire au lieu de nous perdre dans les narrations des uns ou des autres : les Arabes palestiniens n’ont rien à voir avec l’histoire européenne – « le douloureux récit de persécution » – dont tu parles.

    Ceux qui se sentent « persécutés » par BDS n’ont qu’à engager leur armée, dite la plus morale du monde, à stopper la colonisation.

    Si ceux qui portaient « le douloureux récit de persécution » avaient un minimum de décence et de respect sincère pour ce récit-là justement, ils prendraient radicalement parti contre le sionisme. Mais je doute fort de la sincérité de ceux et celles qui sont capables d’instrumentaliser d’une manière aussi obscène le génocide de Juifs désarmés – dont des femmes et des enfants et des vieillards – en faveur d’un soi-disant Etat qui pratique lui-même le nettoyage ethnique anti-arabe pour exister.

    D’ailleurs, comme on est en « misères francophones », il faut rappeler que la police française a fait du zèle pendant les rafles en livrant aux Allemands des femmes et des enfants juifs – alors que les nazis n’avaient réclamé que les hommes juifs. Les fascistes étaient même ennuyés car cela leur a posé un problème de … gestion!! Autrement dit, il s’agissait de femmes et d’enfants français livrés par des policiers français.
    J’y pense à chaque fois que je passe devant la préfecture de police (et c’est presque tous les jours).

    Ce ne sont pas les Arabes palestiniens qui portent la responsabilité du « douloureux récit de persécution » auquel tu fais allusion, mais des Européens soi-disant « civilisés » : la plupart étant athées (les nazis), d’autres se déclarant laïcs voire héritiers de la tradition des Lumières (les Français collabos). Preuve au passage que ni l’athéisme, ni la laïcité, ni les Lumières ne portent en eux-mêmes les preuves, les germes ou des moyens clé-en-mains pour accéder à un degré supérieur de moralité et de civilisation.

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